M. John Stuart Mill, après Condorcet, est d'avis de donner à la femme le droit de suffrage. On répond à cela que la femme électeur impliquerait la femme éligible. Cela n'est point une nécessité.—Il y aurait plus d'une objection à faire quant à ce second degré.—Pour le premier il n'y en a aucune.

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Les Athéniennes, comme de raison, saluent de leurs applaudissements le discours de Praxagora.

Là répétition ayant réussi, elles se rendent à l'Assemblée. Ainsi se termine cette exposition pleine de mouvement et de verve, semée, dans le texte, de plaisanteries fort vives et d'équivoques licencieuses, auxquelles le sujet ne prêtait que trop.

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Mais voici quelque chose de plus gros que la licence proprement dite, et je ne puis l'omettre entièrement, voulant donner une idée abrégée mais aussi exacte que possible du théâtre d'Aristophane.

Le mari de Praxagora, Blépyros, s'est réveillé, et n'a plus trouvé ses habits, ni ses chaussures, ni sa femme. Il s'est vu obligé de prendre les mules et les habits de celle-ci; car un besoin pressant, dit-il, le forçait de sortir avant le jour.

«Où trouverai-je un endroit favorable? Ma foi! la nuit, tous les endroits sont bons! Personne ne me verra faire.—Ah! malheureux, de m'être marié, à mon âge! Que je mérite bien mille coups!…—Certes, ce n'est pas dans de bonnes intentions qu'elle s'est échappée du logis!—Enfin, faisons toujours notre affaire.»

Un autre homme survient et trouve Blépyros dans cette posture et avec cette toilette: robe jaune et chaussures persiques! La même aventure lui arrive, à lui aussi: en se réveillant, plus de femme, plus de souliers, plus de manteau! il a donc été obligé de s'affubler également des vêtements laissés par la fugitive.

Ces hommes affublés de robes de femmes sont la contre-partie comique des femmes travesties en hommes.