BLÉPYROS.

Dès aujourd'hui, nous allons banqueter?

PRAXAGORA.

Sans doute. Et puis, je veux abolir les courtisanes, absolument.

BLÉPYROS.

Pourquoi?

PRAXAGORA.

Eh! mais, afin que nous ayons, nous autres, les prémices des jeunes
gens…

Trait profond, sous forme plaisante. Il n'y aura plus de courtisanes, parce que toutes les femmes le seront.

Blépyros, bon type de mari, ne se sent pas de joie en écoutant pérorer sa femme. Sans songer du tout à lui disputer le pouvoir, il lui fait sur le nouvel état de choses des questions naïves contenant, sous forme ingénue, des objections si solides qu'Aristote lui-même, au commencement du livre II de sa Politique, n'en trouvera pas de meilleures pour battre en brèche la cité idéale de Platon.