Praxagora répond à tout imperturbablement, Blépyros est ébloui.—Lorsqu'elle a fini son discours:—Allons, dit-il, que je marche tout près de toi, afin qu'on me regarde et qu'on dise: Voyez-vous? c'est le mari de notre générale!
C'est l'inverse de la chanson:
Ah! que je suis fière
D'être femme d'un militaire!
Ah! que je suis fière
Et comme, à son bras
Je sais faire mes embarras!
Le chœur, qui suivait ce dialogue dans la pièce grecque est malheureusement perdu: c'était sans doute le cri de triomphe des femmes devenues maîtresses et souveraines de la République à la suite de leur coup d'État; il y avait là encore, probablement, bien des gaietés, bien des malices.—De notre temps on a composé plusieurs pièces sur ce sujet: le Royaume des Femmes, ou le Monde à l'envers;—la Reine Crinoline, etc.
* * * * *
Vient ensuite une scène excellente entre deux bourgeois, dont l'un, simple et de bonne foi, se dispose à donner ses biens à la République, pour obéir au décret et apporte tout son petit ménage; tandis que l'autre, prudent et peu docile, jure pour sa part de ne rien lâcher qu'à la dernière extrémité. Ses paroles naïves et chaleureuses respirent l'amour sacré de la propriété et l'enthousiasme de l'égoïsme… Le citoyen-modèle allègue la loi.—Bah! dit l'autre, la loi! on la vote, mais depuis quand est-ce qu'on l'exécute? Recevoir, bien; mais donner, non! ce n'est pas dans mes habitudes.
Une péripétie amusante, c'est que, le repas public étant servi, quand tout est prêt, lits et tapis, coupes, parfums et parfumeuses, lièvres à la broche, gâteaux, fruits, couronnes,—celui des deux bourgeois qui n'a pas contribué veut se mettre à table avec tout le monde, puisqu'ainsi l'ordonne la loi!
LE PREMIER CITOYEN.
Et où vas-tu? puisque tu n'as pas contribué!