LAMACHOS.
Esclave décroche ma lance, et apporte-la-moi!
DICÉOPOLIS.
Esclave! esclave! retire le boudin du feu, et apporte-le-moi!
LAMACHOS.
Allons! que j'ôte ma lance du fourreau! Tiens, tiens bien, esclave!
DICÉOPOLIS.
Tiens, tiens bien, esclave! que je retire la broche!…
Cette antithèse et ce contraste se développent pendant une cinquantaine de vers avec une verve étourdissante. Puis, l'un s'en va combattre, et l'autre banqueter. Et le chœur, qui reste toujours en scène, achève d'indiquer à l'imagination des spectateurs ce que l'on ne peut mettre tout à fait sous leurs yeux; quoiqu'on ne se gêne pourtant pas beaucoup, comme vous allez le voir bientôt; mais le chœur dit en attendant:
«Bien du plaisir à tous les deux, dans vos expéditions qui ne se ressemblent guère! l'un va boire, couronné de fleurs, avec une belle fille à ses côtés…; l'autre va geler et monter la garde pendant la nuit…»