[4: «Le roi fit des reproches à M. de Vendôme, puis à M. de la Rochefoucauld, de ce qu'ils n'allaient jamais au sermon, pas même à ceux du père Séraphin. M. de Vendôme lui répondit librement «qu'il ne pouvait aller entendre un homme qui disait tout ce qu'il lui plaisait, sans que personne eût la liberté de lui répondre,» et fit rire le roi par cette saillie.» Mémoires du duc de Saint-Simon.]
[5: Par la bouche du coryphée. Ici c'est le coryphée du chœur des Nuées, c'est par conséquent une Nuée qui parle, une Nuée sous la forme d'une fille: de là la plaisanterie.]
[6: «Il faut remarquer, dit Otfried Müller, qu'à Athènes l'État se souciait peu de savoir qui était le véritable auteur d'un drame, et cette question n'était même jamais posée officiellement. Le magistrat qui présidait à une des fêtes de Dionysos, où il était d'usage d'amuser le peuple par des drames nouveaux [Aux grandes Dionysies c'était le premier archonte; aux Lénéennes, le basileus.], accordait cette concession au maître de chœur qui offrait de préparer le chœur et les acteurs pour une pièce nouvelle, pour peu qu'on eût en lui la confiance nécessaire. Les comiques étaient, aussi bien que les tragiques, maîtres de chœur, chorodidascales, de profession; et, dans toutes les choses officielles, telles que payement et distribution des prix, l'État s'enquérait uniquement de celui qui avait préparé le chœur et monté la pièce nouvelle. En outre, une coutume que les tragiques abandonnèrent dès le temps de Sophocle s'était maintenue plus longtemps parmi les comiques: le poëte chorodidascale jouait en même temps le premier rôle, celui de protagoniste.
Aristophane avait donc confié ses premières pièces à deux maîtres de chœur de ses amis, Philonidès et Callistrate. On ajoute même, d'après quelques témoignages anciens, qu'il avait fait la distinction de donner à Callistrate les pièces politiques, à Philonidès celles qui se rapportaient à la vie privée. Ces amis sollicitaient ensuite de l'archonte le chœur, mettaient la pièce en scène, obtenaient même (les didascalies en citent plusieurs exemples) le prix, si la pièce était couronnée; le tout comme s'ils étaient les véritables auteurs, quoique le public intelligent ne pût guère se tromper sur l'auteur de la pièce, ni hésiter entre le génie d'Aristophane, qui venait de se révéler, et Callistrate, qui leur, était bien connu.» (Otfried Müller, Hist. de la litt gr., trad. K. Hillebrand).]
[7: E. Du Méril, Revue des Deux-Mondes, 1er juillet 1846. C'est à peu près ainsi qu'on définissait autrefois la France «une monarchie absolue tempérée par des chansons.»]
[8: Ainsi que le montrent les fragments qui concernent les Longs Murs et l'Odéon.]
[9: Otfried Müller, Hist. de la litt. gr., trad. K. Hillebrand.]
[10: La scène des petits cochons de lait semble une broderie de fantaisie sur le proverbe athénien qui disait: «Un Mégarien vendrait bien ses enfants pour de petits cochons, si quelqu'un voulait les prendre.»]
[11: Proprement: Dénonciateur de [ceux qui exportent les] figues [par contrebande]. Le Sénat, à une époque ancienne, dit Plutarque, avait défendu par une loi d'exporter les figues de l'Attique: ceux qu'on trouvait en contravention étaient condamnés à une amende, au profit du dénonciateur. Le ministère public étant chose inconnue à la Grèce comme à Rome, c'étaient les citoyens eux-mêmes qui dénonçaient ceux qui, en violant la loi, faisaient tort à la société. Les sycophantes ne méritèrent donc pas toujours le mépris qui s'attache à leur nom, puisque les coupables fussent restés impunis si quelque citoyen ne les eût appelés en justice, et cela à ses risques et périls: car, dans les actions publiques, l'accusateur qui n'obtenait pas au moins un cinquième des suffrages payait une amende de mille drachmes; c'était un moyen de tenir en bride les sycophantes. Mais on comprend que, malgré cette précaution de la loi, ce rôle, par sa nature même, pouvait devenir aisément abusif et odieux. Souvent on accusa des innocents. Il en résulta que, par extension, le nom de sycophantes fut donné d'une manière générale aux calomniateurs et aux gens très-nombreux qui vivaient du produit de leurs dénonciations. Aristophane ne laisse échapper aucune occasion de flétrir et de ridiculiser les sycophantes. Isocrate, lui aussi, poursuivra sans relâche les sycophantes. «C'est, dit M. Ernest Havet, le nom dont on nommait à Athènes ces aboyeurs misérables, ces dénonciateurs infâmes, qui donnent les citoyens à déchirer aux citoyens, jetant de préférence en proie aux passions publiques ceux dont ils redoutent le plus la raison ou la vertu… Isocrate trouve contre les sycophantes des flétrissures presque égales à leur abjection. Il a tracé notamment, à la fin du discours sur l'Antidosis un portrait de cette espèce d'hommes vraiment achevé et ineffaçable. Il a oublié un trait cependant, qui ne se dessinait pas encore: c'est que le sycophante contient en lui le délateur, c'est-à-dire ce qui se présente de plus triste et de plus odieux dans l'histoire. Le délateur du temps des Césars, c'est le sycophante sans la liberté.»]
[12: Érasme s'est souvenu sans doute de ce tableau, lorsqu'il a mis en scène un chartreux et un soldat: celui-ci revenant de la guerre, éclopé, misérable, aussi ruiné de corps que de biens; celui-là en pleine fleur de santé, libre de soins et charmé du repos; tous deux étrangers à toute croyance noble et généreuse. Aussi Érasme se moque-t-il de tous les deux.]