[190: Ch. Benoît, Cours de litt. grecque.]
[191: Otfried Müller, Hist. de la litt. gr. trad. K. Hillebrand.]
[192: Cette croyance populaire était peut-être venue de l'Orient. Voici comme parle Azz-Eddin Elmocaddessi, dans son livré intitulé les Oiseaux et les Fleurs:
«Considère la huppe: lorsque sa conduite est régulière et que son cœur est pur, sa vue perçante pénètre dans les entrailles de la terre et y découvre ce qui est caché aux yeux des autres êtres; elle aperçoit l'eau qui y coule, comme tu pourrais la voir au travers d'un cristal; et, guidée par l'excellence de son goût et par sa véracité: Voici, dit-elle, de l'eau douce, et en voilà qui est amère.—Elle ajoute ensuite: Je puis me vanter de posséder, dans le petit volume de mon corps, ce que Salomon n'a jamais possédé, lui à qui Dieu avait accordé un royaume comme personne n'en a jamais eu: la science que Dieu m'a départie, science dont jamais ni Salomon ni aucun des siens n'ont été doués. Je suivais partout ce grand roi, soit qu'il marchât lentement, soit qu'il hâtât le pas, et je lui indiquais les lieux où il y avait de l'eau sous terre. Mais un jour je disparus tout à coup, et, pendant mon absence, il perdit son pouvoir. Alors, s'adressant à ses courtisans et aux gens de sa suite: Je ne vois plus la huppe, leur dit-il; s'est-elle éloignée de moi? S'il en est ainsi, je lui ferai souffrir un tourment violent, et peut-être l'immolerai-je à ma vengeance, à moins qu'elle ne me donne une excuse légitime.—Ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'il ne s'informa de moi que lorsqu'il eut besoin de mon secours.—Puis, voulant faire sentir l'étendue de son autorité, il répéta les mêmes mots: Je la punirai! que dis-je? je l'immolerai! Mais le destin disait: Je la dirigerai vers toi, je la conduirai moi-même.—Lorsque je vins ensuite de Saba, chargée d'une mission pour ce roi puissant, et que je lui dis:—Je sais ce que tu ne sais pas,—cela augmenta sa colère contre moi, et il s'écria: Toi qui dans la petitesse de ton corps, renfermes tant de malice, non contente de m'avoir mis en colère en t'éloignant ainsi de ma présence, tu prétends encore être plus savante que moi?—Grâce, lui dis-je, ô Salomon, je reconnais que tu as demandé à Dieu un empire, et qu'aucun souverain n'en possédera jamais un semblable au tien; mais tu dois avouer aussi que tu n'as pas de même demandé une science à laquelle personne ne pût atteindre. Je t'ai apporté de Saba une nouvelle que tous les savants ignorent.—O huppe, dit-il alors, on peut confier les secrets des rois à celui qui sait se conduire avec prudence: porte donc ma lettre.—Je m'empressai de le faire, et je me hâtai d'en rapporter la réponse. Il me combla alors de ses faveurs, il me mit au nombre de ses amis, et je pris rang parmi les gardiens du rideau qui couvrait sa porte, tandis qu'auparavant je n'osais en approcher. Pour m'honorer, il me mit ensuite une couronne sur la tête, et cet ornement ne sert pas peu à m'embellir. D'après cela, la mention de mon immolation a été abrogée, et les versets où il est question de ma louange ont été lus.—Pour toi, si tu es capable d'apprécier mes avis, rectifie ta conduite, purifie ta conscience, redresse ton naturel, crains celui qui t'a tiré du néant, profite des leçons instructives qu'il te donne, quand même il se servirait pour le faire du ministère des animaux; et crois que celui qui ne sait pas tirer un sens allégorique du cri aigre de la porte, du bourdonnement de la mouche, de l'aboiement du chien, du mouvement des insectes qui s'agitent dans la poussière; que celui qui ne sait pas comprendre ce qu'indiquent la marche de la nue, la lueur du mirage, la teinte du brouillard, n'est pas du nombre des gens intelligents.»]
[193: Fils de Térée et de Procné.]
[194: Un siècle avant Cyrano, il y a la Néphélococcygie de Pierre Le Loyer. (Voir, à ce sujet, le quatrain de Ronsard cité par Sainte-Beuve, Étude sur le seizième siècle p. 234.)—Passerat, vers le même temps, célébrait aussi la métamorphose des hommes-oiseaux.—Il y a, dans les fragments laissés par Gœthe, un essai d'imitation, assez faible, de cette première partie des Oiseaux d'Aristophane, adaptée avec beaucoup de licence à la scène allemande, ou plutôt au goût des lecteurs allemands. Deux personnages cherchent en l'air, au risque de se casser le cou, une espèce de pays de Cocagne; ils vont trouver un vieux hibou, critique de profession, qui les traite de fous et les envoie promener. Pendant qu'ils causent entre eux, arrivent les oiseaux, qui veulent tout simplement les mettre à mort. Discours ronflant de l'un des deux voyageurs, qui leur fait comprendre qu'ils ne sont pas des hommes, mais des oiseaux en mue. Il les engage ensuite à établir leur royaume de manière à se soumettre les dieux et les hommes, en coupant toute communication entre eux.—Suit un épilogue dans lequel Gœthe promet de donner la continuation de cette pièce, en cas qu'elle soit goûtée du public.—Il fallait qu'il comptât beaucoup sur l'ignorance de ce public, pour piller ainsi Aristophane sans faire la moindre mention de lui ni de sa comédie.]
[195: Bourg de l'Attique. Le même mot, en grec, signifie tête. De là le calembour d'Évelpide, qui fait le Lazarille, le gracioso, le commentateur bouffon de Peisthétairos.]
[196: Odin, le Jupiter de la mythologie scandinave, est représenté avec un casque aux deux côtés duquel sont posés deux corbeaux, qui partent tous les soirs pour faire en volant le tour de la terre et lui rapporter le matin ce qu'ils ont appris.]
[197: Allitération sur [Grec: Thon chênha], l'oie, au lieu de [Grec: Thon Zênha], Jupiter.—Lampon était un des devins envoyés à Sybaris avec la colonie athénienne qui reconstruisit cette ville sous le nom de Thurium.—Socrate, respectant les dieux, jurait par le chien!—C'est par un scrupule analogue que les gens du peuple, chez nous, disent quelquefois: Nom d'un chien!—pour ne pas dire: Nom de D.! De même, s'il leur échappe de commencer à dire: Sac… n. de D.! ils changent et disent: Sac… rist! puis Sapristi! ou Sac… à papier! ou tel autre achèvement insignifiant.—C'est sans doute dans la même intention qu'Henri IV avait adopté Ventre-saint-gris! pour n'offenser personne au ciel, quoiqu'il y eût cependant un saint Gris.—Depuis qu'un de ses prédécesseurs, le dévot roi Louis IX, qu'on appelle saint Louis, avait promulgué une loi qui ordonnait de transpercer d'une pointe de fer rougie au feu la langue des jureurs et blasphémateurs, les anciens jurons s'étaient transformés, de manière à devenir innocents. Ainsi, au lieu de: Par la mort de Dieu, ou par la mort-Dieu!—Par le sang de Dieu ou par le sang-Dieu!—Tête-Dieu!—Ventre-Dieu!—Corps-Dieu!—Je renie Dieu!—Je maugrée Dieu! on se mit à dire: morbieu, morbleu, mordié, morgué, morguienne!—Pa' l' sang-bieu! palsambleu! Par la sambleu!—Tête-bieu, têtebleu!—Ventre-bieu, ventrebleu!—Corps-bieu! corbleu!—Je r'nie-bieu, jarnibieu, jarnidié, jarnigué, jarnigois, jarni!—Maugrebieu, maugrebleu! De même, au lieu de jurer par le Diable, on se mit à jurer par le Diantre; etc.—Dans un sentiment analogue, les gamins, au lieu de Ma parole d'honneur! disent Ma parole d'onze heures, pour ôter le serment donné à faux.]
[198: Allusion malicieuse à ceux qui, en pareilles circonstances, étaient chargés de distribuer du blé aux indigents, et qui détournaient une partie de l'argent destiné à ce secours.]