Ils ne le font pas tous; mais, là-haut comme ici, quelques-uns vivent de ce métier.
L'ESCLAVE, à la femme.
Eh bien, entrons. (À Trygée:) Dis-moi, lui donnerai-je à manger?
TRYGÉE.
Non. Elle ne voudrait ni pain ni gâteau, habituée qu'elle est là-haut, chez les dieux, à lécher l'ambroisie.
L'ESCLAVE.
Mais on peut aussi lui servir ici quelque chose à lécher…
Enfin Trygée, à peu près comme Dicéopolis dans les Acharnéens, et comme Peuple dans les Chevaliers, ne songe plus qu'à vivre en joie et en liesse, avec sa déesse. Ici encore, éclatent, jaillissent à foison mille bouffonneries licencieuses, qui sont le couronnement de la comédie et en quelque sorte le dessert du cômos. Il y a, du vers 868 au vers 904, une longue description digne de l'Arétin, quand l'esclave vient dire que l'épousée est prête et que tout est bien en état. Et, du vers 1226 au vers 1239, on rencontre une scène qui pourrait figurer dans le chapitre XIII du livre Ier de Gargantua.
Le mariage n'est pas encore à cette époque le dénoûment obligé de la comédie; mais on en voit déjà poindre l'usage: ce n'est alors qu'un instinct de la chair, ce sera plus tard une habitude et un procédé.
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