Quoiqu'on retrouve dans cette pièce l'imagination et la poésie de détails qui brillent dans les précédentes, l'ensemble en est moins remarquable, la trame en est plus faible. La seconde partie, dépouillée pour nous de tout l'appareil du spectacle, semble un peu traînante. Pour les Athéniens, elle était relevée par la mise en scène, par les costumes, et par toute la pompe poétique et musicale de l'épithalame qui la terminait:
LE CHŒUR.
Faites silence, voici que la fiancée va paraître: prenez des torches! Que tout le peuple se réjouisse avec nous et se mêle à nos danses! Quand nous aurons bien dansé et bien bu, et chassé Hyperbolos[33], nous déménagerons pour retourner aux champs, et nous prierons les dieux de donner la richesse aux Grecs, d'accorder à tous d'abondantes récoltes, en orge, en vin, en figues, de rendre les femmes fécondes, de nous faire recouvrer enfin tous les biens que nous avions perdus, et d'abolir l'usage du fer meurtrier.
TRYGÉE.
Chère épouse, partons pour les champs, et viens, belle, coucher bellement avec moi.
LE CHŒUR.
Ô hymen, ô hyménée! ô trois fois heureux! et bien digne de ton bonheur!
TRYGÉE.
Ô hymen, ô hyménée!
PREMIER DEMI-CHŒUR, montrant la femme.