GÉRONTE.

Tu ne meurs pas de honte

Qu'il faille que de lui je fasse plus de compte,

Et que ton père même, en doute de ta foi,

Donne plus de croyance à ton valet qu'à toi!

Voilà comment Corneille savait, même dans une comédie, donner, en passant, une leçon de respect envers les êtres vénérables, et de respect aussi envers soi-même. Quand vous lirez les comédies, vous verrez qu'on s'y permet d'ordinaire un peu de libertés à cet égard. Comme c'est un ouvrage naturellement plaisant, il est admis qu'on y peut parler en badinant des choses sérieuses. Corneille le fait lui-même. Mais l'autorité du père, non, c'est une affaire trop grave; Corneille ne permet pas qu'on s'en amuse, et si un jeune homme de comédie, un étourdi, aimable d'ailleurs, pousse jusque-là la raillerie, vite il donne au père, à ce bon bourgeois de père, très simple jusqu'à ce moment, et très bonhomme, toute la dignité que vous avez vue chez Don Diègue et chez le vieil Horace, parce que pour un fils, tout père, quel qu'il soit, doit être ni plus ni moins qu'un Horace ou un Don Diègue.


CHAPITRE XIII.
CORNEILLE CHEZ LUI.—VIEILLESSE ET MORT DU POÈTE.