Traitez-moi comme ami, non comme souverain;
Rome, Auguste, l'État, tout est en votre main:
Vous mettrez et l'Europe, et l'Asie, et l'Afrique,
Sous les lois d'un monarque, ou d'une république;
Votre avis est ma règle, et par ce seul moyen
Je veux être empereur ou simple citoyen.
Tout à coup Auguste apprend que Cinna, un jeune Romain qu'il aurait pu frapper autrefois, car il était parent de ses ennemis, mais qu'au contraire il avait protégé et comblé de faveurs, forme un complot contre lui. Cet homme ardent, violent, si enclin à la vengeance, ne songe d'abord qu'à châtier l'ingrat. Il en avait le droit; car Cinna, ayant accepté ses bienfaits, était peut-être le seul à Rome à qui il fût interdit, en conscience, de se révolter contre Auguste. Il s'écrie:
Ciel, à qui voulez-vous désormais que je fie[12]
Les secrets de mon âme et le soin de ma vie?
Reprenez le pouvoir que vous m'avez commis,