D'une fureur pareille ils courent à l'autel.
Cieux! a-t-on vu jamais, a-t-on rien vu de tel?
Du plus puissant des dieux nous voyons la statue
Par une main impie à leurs pieds abattue,
Les mystères troublés, le temple profané,
La fuite et les clameurs d'un peuple mutiné,
Qui craint d'être accablé sous le courroux céleste.
On arrête Polyeucte, on le mène en prison; on traîne au supplice son ami.
Lui pourrait se sauver encore; car il est le gendre du gouverneur. On cacherait cet éclat à l'empereur. On ne lui demande que de se taire et de se tenir tranquille. Cette hypocrisie le révolte. Il préfère mourir. Il s'enivre à l'idée du sacrifice et des récompenses divines qui l'attendent. Saisi par l'enthousiasme religieux, il s'écrie:
Source délicieuse, en misères féconde,