Mais que lui importait ce logement? Elle ne devait faire qu'y passer, espérait-elle, et l'étroite cellule d'un couvent eût été, pensait-elle, plus triste encore. Et tout était préférable à la maison paternelle.

—Ici, du moins, se disait-elle, j'aurai le calme et le repos.

Repos moral, peut-être, car pour l'autre il ne devait pas tarder à être étrangement troublé.

Accoutumée au silence profond des vastes appartements de l'hôtel de la Ville-Handry, Mlle Henriette n'avait même pas idée du mouvement continuel de ces derniers étages des maisons de Paris, où s'entasse et s'agite la population d'un hameau, où les locataires, séparés par de minces cloisons, vivent, pour ainsi dire, les uns chez les autres...

Dormir dans de telles conditions exige une longue habitude, et l'apprentissage ne devait pas peu coûter à la pauvre jeune fille.

Il était plus de quatre heures, quand, brisée de lassitude, elle s'endormit d'un si pesant sommeil, qu'il ne fut pas troublé par le vacarme matineux de cette ruche humaine.

Il faisait grand jour quand elle s'éveilla, et un pâle rayon du soleil d'hiver glissait à travers ses rideaux... La pendule de zinc dédoré marquait midi...

Elle se leva et se hâta de s'habiller.

La veille encore, lorsqu'elle s'éveillait, elle sonnait, et sa femme de chambre accourait, qui s'empressait d'allumer le feu, de lui présenter ses pantoufles, de jeter sur ses épaules un peignoir bien chaud... Tandis que désormais...

Ce souvenir devait reporter sa pensée vers l'hôtel de la Ville-Handry...