Elle résolut, non plus d'engager, mais de vendre le nécessaire de toilette en or que contenait son sac de voyage, et elle pria son obligeante portière de lui chercher un acheteur.

Tout d'abord, la Chevassat éleva beaucoup d'objections.

—Vendre ce nécessaire si joli, disait-elle, quel meurtre! Songez que vous ne le reverrez plus jamais... Si vous le portiez «au clou,» au contraire, dès qu'il vous viendrait un peu d'argent, vous le dégageriez...

Elle perdait ses peines, elle le reconnut, et, se résignant, elle finit par amener une espèce de marchand à la toilette de ses amis, un brave homme fini, affirmait-elle, en qui on pouvait avoir la confiance la plus absolue.

Et véritablement il se montra digne de cette chaude recommandation en proposant du premier coup cinq cents francs de ce nécessaire, qui ne valait pas beaucoup plus du triple... Encore n'était-ce pas son dernier mot... Après une heure de débats irritants, après dix fausses sorties, il tira en soupirant son porte-monnaie, et compta sur la table les trente-cinq louis qu'avait impérieusement exigés Mlle Henriette.

C'était de quoi payer quatre mois de pension à la Chevassat.

—Mais non, se dit la pauvre jeune fille, non, ce serait trop de pusillanimité, à la fin!...

Et le soir même, rassemblant en un grand effort tout son courage, elle déclara d'un ton ferme à la redoutable mégère qu'elle ne lui prendrait plus qu'un repas, le soir.

Elle avait trouvé ce moyen terme pour éviter non une scène, elle en attendait une, mais une brouille complète.

Contre toute attente, cependant, l'honorable portière ne parut ni surprise ni choquée. Elle haussa seulement les épaules en disant: