—Comment! qui?... s'écria-t-il. Ceux qui y avaient intérêt, donc! c'est-à-dire les misérables qui l'entourent, Sarah, sir Tom.
Mlle Henriette secouait la tête:
—Je ne crois pas, fit-elle, que la comtesse Sarah ait vu d'un bon œil la fondation de cette Société...
Et une objection lui venant, qu'elle jugea décisive:
—D'ailleurs, poursuivit-elle, Sarah avait-elle intérêt à ruiner mon père?... Evidemment non. Le ruiner, c'était se ruiner elle-même, puisqu'elle était maîtresse absolue de la fortune et libre d'en disposer au gré de sa fantaisie...
Et pénétrée de la justesse de ce raisonnement, elle adressait au vieux brocanteur un regard triomphant.
Lui vit bien alors qu'il fallait frapper un coup décisif, et sa sœur l'y encourageait du geste.
—Veuillez m'écouter, mademoiselle, prononça-t-il. Je n'ai été jusqu'ici que l'écho des bruits de la Bourse. Je vous ai dit: «On prétend que la fortune de votre père et le capital de la Société des Pétroles de Pensylvanie ont été engloutis dans des spéculations... malheureuses.» Mais je ne crois pas à ces bruits-là, moi. Je suis persuadé, au contraire, je suis sûr même que ces millions n'ont pas été perdus à la Bourse... par la raison que jamais ils n'y ont été risqués.
—Cependant...
—Cependant, ils n'en ont pas moins disparu, et moins que personne, peut-être, votre malheureux père serait capable de dire où et comment... Mais je le sais, moi, et quand il s'agira de retrouver ces sommes énormes, je crierai: fouillez Sarah Brandon, comtesse de la Ville-Handry, fouillez sir Thomas Elgin et mistress Brian, et aussi Maxime de Brévan, le misérable instrument de leurs scélératesses.