Mais au premier coup d'œil jeté sur les adresses, il pâlit... Il ne reconnaissait pas l'écriture de Mlle Henriette...

N'importe!... il brisa les enveloppes et courut aux signatures...

L'une des lettres était signée: «Maxime de Brévan,» l'autre: «Comtesse de la Ville-Handry, née Sarah Brandon...»

C'est par cette dernière que Daniel commença.

Après lui avoir fait part de son mariage, Sarah lui exposait longuement la conduite de Mlle Henriette le jour même de la noce.

«—Une autre que moi, disait-elle, lui en voudrait mortellement de cette insulte atroce et abuserait de sa situation pour s'en venger... Mais moi, qui jamais n'ai rien pardonné, je pardonnerai, Daniel, en mémoire de vous, et parce que je ne saurais voir souffrir qui vous a aimé!...»

Et, en post-scriptum elle ajoutait:

«Ah! que n'avez-vous empêché mon mariage, quand d'un mot vous le pouviez... On me croit parvenue au comble de mes vœux... Je n'ai jamais été si malheureuse!...»

Cette lettre arracha une exclamation de rage à Daniel. Il n'y voyait qu'une sanglante ironie.

—Cette misérable, pensait-il, se joue de moi, et si elle écrit qu'elle n'en veut pas à Henriette, il faut lire qu'elle la hait et la martyrise...