Aussi, poursuivait-il sous main, sans bruit, lentement, mais incessamment, l'enquête qu'il avait commencée.

Et certaines circonstances, oubliées d'abord, et divers indices adroitement recueillis, lui donnaient de grandes espérances.

Il lui était démontré, par exemple, que seuls les matelots des canots étaient allés à terre, et que pas un ne s'était écarté des autres seulement dix minutes.

Donc le faux batelier n'était pas un homme de l'équipage de la Conquête.

Ce ne pouvait non plus être un soldat de l'infanterie de marine, aucun n'ayant obtenu la permission de débarquer.

Restaient les émigrants, dont cinquante ou soixante avaient passé la soirée à Saïgon.

Mais cette hypothèse que l'un d'eux avait attiré Daniel dans le bateau n'était-elle pas écartée par les circonstances de la première tentative d'assassinat!...

Non, car beaucoup de ces émigrants, jeunes et excédés de l'oisiveté de la traversée, sollicitaient comme une faveur l'occasion d'aider aux manœuvres.

Et après de minutieuses informations, Daniel acquit la certitude que quatre d'entre eux étaient mêlés aux matelots sur la vergue d'où était tombée la pesante poulie qui eût dû le tuer.

Lesquels?... C'est ce qu'il ne put découvrir...