—Que faisiez-vous donc, blotti dans le buisson?
—J'étais à l'affût donc, comme les autres. Faut-il un port d'armes à présent en Cochinchine!... Je n'étais pas invité à votre chasse, c'est vrai, mais j'aime le gibier, et je me suis dit: «Quand même je tuerais deux ou trois pièces de toutes celles que leurs rabatteurs vont leur amener, je ne leur ferais pas grand tort...»
Longtemps le docteur le laissa parler, l'observant en dessous, d'un œil perspicace, puis tout à coup l'interrompant!
—Donnez-moi votre fusil, dit-il.
L'homme pâlit assez visiblement pour que sa pâleur fût remarquée de tous les officiers qui l'entouraient.
Cependant, il s'exécuta de bonne grâce en disant:
—Voilà!... C'est un fusil qu'un de mes amis m'a prêté...
Fort attentivement le docteur examina l'arme, et après en avoir fait jouer la batterie:
—Les canons de ce fusil sont vides, observa-t-il, et il n'y a pas deux minutes qu'ils ont été déchargés...
—C'est vrai, j'ai fait feu de mes deux coups sur une bête qui est passée à ma portée.