—On vous confrontera, n'en doutez pas.
Le prévenu parut stupéfait.
—On fera donc venir Chevassat ici? interrogea-t-il.
—Non... c'est vous qu'on enverra en France pour y être jugé.
Un éclair de joie brilla dans les yeux du misérable...
Sa traversée serait rude, il n'en doutait pas, mais être jugé en France, c'était pour lui la certitude presque absolue d'échapper à une condamnation capitale...
De plus, il se délectait à cette perspective de voir Chevassat à ses côtés, sur le même banc de la cour d'assises.
—Comme cela, insista-t-il, on m'embarquera?
—Sur le premier navire de l'Etat qui quittera Saïgon.
Le juge était allé s'asseoir devant la petite table où écrivait son greffier, et rapidement il parcourait le procès-verbal de ce long interrogatoire, cherchant s'il ne s'y trouvait point de lacunes.