Ce qui est certain, c'est qu'il en conçut un si vif dépit qu'il vendit sa propriété et quitta le pays...
Et il habitait Paris depuis trois ans... plus Maxime de Brévan que jamais, quand il rencontra Sarah Brandon.
Il y avait plus de trois heures que le père Ravinet parlait, sa lassitude devenait manifeste et les cordes de sa voix se détendaient.
Cependant, c'est en vain que Daniel, Mlle Henriette et Mme Bertolle elle-même, joignirent leurs instances pour le déterminer à se reposer un moment.
—Non, répondit-il, j'irai jusqu'au bout... Ne faut-il pas que, dès demain, c'est-à-dire aujourd'hui même, M. Champcey soit en mesure d'agir!...
Il se contenta donc d'avaler quelques gorgées de thé, que sa sœur venait de lui servir, et d'un accent plus ferme:
—C'est à un bal travesti, reprit-il, chez un ami de M. de Planix, que Sarah Brandon—elle n'était encore que Ernestine Bergot—et Justin Chevassat, devenu M. de Brévan, se virent pour la première fois.
Lui demeura béant, ébloui de la prestigieuse beauté de cette jeune femme, et elle fut, elle, singulièrement frappée de l'expression de la physionomie de Maxime.
Peut-être se devinèrent-ils en un regard, peut-être eurent-ils l'intuition soudaine de ce qu'ils étaient... Toujours est-il qu'ils se rapprochèrent vite, entraînés l'un vers l'autre par une instinctive et irrésistible attraction.
Ils dansèrent plusieurs fois ensemble; assis l'un près de l'autre pendant le souper, ils causèrent longuement; et quand le bal fut fini, ils s'étaient déjà promis de se revoir.