Et tout fut dit... Et ce crime, un des plus odieux que puisse concevoir l'imagination, alla grossir la liste des forfaits impunis.

Les brigands triomphaient impudemment, en plein soleil... Ils possédaient quatre cent mille francs... ils pouvaient se retirer des affaires.

Bast!... Vingt mille livres de rentes, c'étaient trop peu pour leurs convoitises... Ils prirent cette fortune comme un à-compte de la destinée, suffisant à peine pour leur permettre d'attendre honnêtement la proie qu'ils guettaient.

Le malheur est que cette proie semblait les fuir. Vainement Sarah, lancée dans le monde de la haute vie, se faisait une réputation européenne de beauté, d'esprit et d'excentricité, aucun prince millionnaire ne demandait sa main...

Pourtant, l'argent de Malgat s'écoulait. La maison était montée sur le pied de cent mille livres de rentes, il avait fallu faire une part à M. de Brévan, sir Tom jouait, Sarah achetait des diamants, l'austère mistress Brian avait ses vices.

Bref, l'heure des expédients sonnait, quand Sarah, cherchant autour d'elle, découvrit le malheureux qu'il lui fallait.

Celui-là était un tout jeune homme, presque un enfant, bon, généreux, chevaleresque... Il était orphelin et arrivait de sa Bretagne avec toutes ses illusions au cœur et toute sa fortune, cinq cent mille francs en poche... Il s'appelait Charles de Kergrist...

Ce fut Maxime qui lui ouvrit les portes de la caverne de la rue du Cirque...

Il vit Sarah et fut ébloui... Il l'aima, il était perdu!...

Ah! il ne dura pas longtemps celui-là... Au bout de cinq mois ses cinq cent mille francs étaient aux mains de Sarah. Et quand il n'eut plus le sou, elle arracha de sa faiblesse trois fausses lettres de change, lui jurant que le jour de l'échéance elle ferait les fonds...