—Cette femme n'offre donc aucune prise! murmura-t-il.
—Certaine... non!
—Cependant, cette aventure, que vous m'avez contée, autrefois...
—Laquelle?... Celle de ce pauvre Kergrist?...
—Eh! le sais-je?... Elle était affreuse, voilà tout ce dont je me souviens... Que m'importait alors miss Brandon!... tandis que maintenant...
M. de Brévan hocha la tête:
—Maintenant, fit-il, vous croyez que cette histoire serait une arme? Non, Daniel. Cependant, elle n'est pas longue, et je puis vous la redire avec plus de détails qu'autrefois...
Il y a quinze mois environ, débarquait à Paris un charmant garçon nommé Charles de Kergrist... Il avait toutes ses illusions, vingt-quatre ans et cinq cent mille francs...
Il vit miss Brandon et aussitôt «s'emballa,» c'est-à-dire en devint passionnément amoureux. Quelles furent leurs relations, c'est ce que nul ne sait positivement,—je dis avec preuves à l'appui,—ce malheureux Kergrist ayant été d'une impénétrable discrétion...
Ce qui n'est que trop réel, c'est que huit mois plus tard, un matin, en ouvrant leurs volets, les boutiquiers de la rue du Cirque aperçurent un corps qui se balançait à un mètre du sol, accroché aux ferrures des persiennes de miss Brandon.