Écartant le domestique, le paysan s'avança, et sans la moindre formule de politesse:
—Je viens, répondit-il, vous dire de nous envoyer les pompiers.
—Les pompiers!
—Oui, tout de suite, dépêchez-vous! Le maire hochait la tête.
—Hum!... faisait-il, ce qui était chez lui la manifestation d'une vive perplexité, hum! hum!
Et qui n'eût été perplexe à sa place!
Pour réunir les pompiers, faire battre la générale était indispensable; or, en pleine nuit, faire battre la générale, c'était mettre la ville sens dessus dessous, c'était faire bondir d'épouvante dans leur lit les braves Sauveterriens, qui ne l'avaient que trop entendue, depuis un an, cette lugubre batterie, lors de l'invasion prussienne et ensuite pendant la Commune. Aussi:
—S'agit-il d'un incendie sérieux? demanda M. Séneschal.
—Sérieux! s'écria le paysan; comment ne le serait-il pas, par le vent qu'il fait; un vent à décorner les bœufs!
—Hum! fit encore le maire, hum! hum! C'est que ce n'était pas la première fois, depuis qu'il administrait Sauveterre, qu'il était ainsi réveillé par un campagnard venant crier sous ses fenêtres: «Au secours! au feu!...»