—Quel jour?

—Celui de votre évasion.

Ce seul mot rappela Jacques au sentiment affreux de sa situation. Il planait au plus haut de l'azur, il retomba dans les fanges de la réalité. Son visage rayonnant d'une joie céleste s'assombrit tout à coup, et d'une voix rauque:

—C'est un rêve trop beau, prononça-t-il, que nous venons de faire, il ne saurait se réaliser...

Ah! la pauvre jeune fille ne vit que trop qu'elle s'était trop tôt réjouie.

—Que dites-vous? balbutia-t-elle.

—Je ne peux pas, je ne dois pas, je ne veux pas fuir!

—Vous me refusez, Jacques! Il ne répondit pas.

—Vous me refusez lorsque je vous jure que j'irai vous rejoindre et partager votre exil! Doutez-vous donc de ma parole? Craignez-vous que mon grand-père et mes tantes Lavarande ne me retiennent ici malgré moi?...

Aux accents de cette voix suppliante, Jacques sentait en quelque sorte se détremper son énergie, et sa volonté vaciller.