—On... on... on fera de... de moi ce qu'on voudra, dit-il alors, je... je... je ne prononcerai plus une parole.

Pendant ce temps, l'involontaire et désolé auteur de la catastrophe, le docteur Seignebos, s'empressait près de Goudar, lequel gisait inanimé sur le sable de la cour. Les deux blessures du malheureux policier étaient graves, mais non mortelles, ni même très dangereuses, le couteau ayant glissé sur les côtes. Transporté dans une des chambres particulières de l'hôpital, il ne tarda pas à reprendre connaissance. Et voyant penchés sur son lit M. Daubigeon et M. Daveline, le docteur et maître Folgat:

—Eh bien, murmura-t-il avec un triste sourire, n'avais-je pas raison de dire que mon métier est un fichu métier...

—Mais rien ne vous empêche de l'abandonner, répondit maître Folgat, si véritablement certaine maison que nous avons visitée ensemble suffit à votre ambition...

Le visage pâli du policier s'illumina.

—On me la donnerait? s'écria-t-il.

—N'avez-vous pas découvert et livré à la justice le vrai coupable?

—Bénis soient, en ce cas, les coups de couteau. Je sens qu'avant quinze jours je serai sur pied! Vite une plume et de l'encre, que j'envoie ma démission et que j'annonce à ma femme la bonne nouvelle...

Il fut interrompu par l'entrée d'un des huissiers du tribunal. S'approchant du procureur de la République:

—Monsieur, dit respectueusement cet homme, monsieur le curé de Bréchy vous attend au parquet.