—Je suis à lui à l'instant, répondit M. Daubigeon. (Et s'adressant à ses compagnons:) Venez, messieurs, dit-il, venez...

Le curé de Bréchy l'y attendait, en effet, et il se leva vivement du fauteuil où il était assis lorsqu'il vit entrer le procureur de la République et M. Daveline, maître Folgat et le docteur Seignebos.

—Peut-être est-ce à moi seul que vous voulez parler, monsieur le curé?... demanda M. Daubigeon.

—Non, monsieur, répondit le vieux prêtre, non... L'œuvre de réparation dont je suis chargé doit être publique. (Et présentant une lettre:) Lisez, ajouta-t-il, lisez à haute voix...

Rompant d'une main tremblante d'émotion le cachet armorié, le procureur de la République lut:

Au moment de mourir en chrétien, comme j'ai vécu, je me dois à moi-même, je dois à Dieu que j'ai offensé et aux hommes que j'ai trompés, de proclamer ce qui est la vérité:

Inspiré par la haine, je me suis rendu coupable d'un faux témoignage exécrable, en disant que l'homme qui a tiré sur moi est monsieur de Boiscoran et que je l'ai reconnu.

»Non seulement je ne l'ai pas reconnu, mais je sais qu'il est innocent, j'en suis sûr, je le jure par tout ce qu'il y a de sacré en ce monde que je vais quitter, et en l'autre, où m'attend le souverain juge.

»Puisse monsieur de Boiscoran me pardonner comme je pardonne moi-même!

»Trivulce de Claudieuse.