—A moi! cria-t-il encore. A...

Un effroyable coup de couteau lui coupa la parole... Il sentit entre les épaules un froid terrible, mortel, qui lui glaça le cœur, et il tomba raide, en avant, la face contre terre...

Quand il reprit ses sens, après un évanouissement dont il ne pouvait évaluer la durée, il se trouvait dans un endroit inconnu, dans un café, étendu sur un billard.

On lui avait mis le torse à nu, et un homme de son âge, à la physionomie intelligente et sympathique, lui donnait des soins avec cette sûreté et cette dextérité de main qui trahissent l'ancien interne des hôpitaux.

Trois hommes se penchaient curieusement pour voir de plus près sa blessure.

De l'autre côté, le garçon de café, reconnaissable à sa veste et à son tablier, éclairait le médecin.

Près d'une table, une grosse petite femme taillait en bandes étroites une vieille serviette.

Tout cela, Raymond le vit comme en songe, à travers un brouillard, et si vaguement que bien vite il referma les yeux.

Sa première perception nette était un étonnement profond, immense, de se trouver encore de ce monde.

Si, comme il avait tant de raisons de le croire, si, comme tout le prouvait, il avait été assailli par des assassins payés par le comte de Combelaine, comment ces misérables ne l'avaient-ils pas achevé une fois à terre?