Où en étaient les événements? Qu'était-il advenu de cette querelle qu'il avait vue près d'éclater entre M. Philippe et le comte de Combelaine?
Et personne à envoyer aux renseignements.
Il avait bien eu l'idée de charger Krauss de la commission, ou même de se confier au docteur Legris, mais à qui les adresser? à miss Lydia Dodge? Elle refuserait de les recevoir, ou, s'ils parvenaient jusqu'à elle, ne répondrait pas.
Raymond, enfin, s'inquiétait de cet appartement qu'il avait loué sous le nom de Paul de Lespéran et dont la portière, ne le voyant plus reparaître, devait se répandre dans le quartier en cancans saugrenus.
Malgré tout le temps passait...
Le vendredi, Raymond se leva quelques heures. Le samedi, il resta debout toute la journée. Le dimanche, il se sentait assez remis pour sortir, lorsque, vers les onze heures, Krauss lui remit une lettre qui avait été apportée par un commissionnaire.
L'enveloppe malpropre, l'écriture, l'orthographe, l'encre d'un bleu passé, ces mots écrits dans les angles: «personel très précé», tout trahissait si bien la lettre anonyme, lâche, honteuse, dégoûtante, que Raymond fut sur le point de la jeter au feu sans la lire.
Mais il était dans une situation à ne rien négliger. Il rompit donc le cachet.
C'était bien une lettre anonyme.
Un inconnu, qui se disait son ami, l'adjurait de se trouver, le soir même, à minuit, au bal de la Reine-Blanche. Là, un homme viendrait le prendre, qui le conduirait à un endroit où devait avoir lieu une scène à laquelle il était indispensable qu'il assistât.