Depuis un moment, son fils, M. Lucien Verdale, s'était rapproché.
Intervenant tout à coup:
—Et moi, monsieur, prononça-t-il d'une voix frémissante, je vous déclare que je ne souffrirai pas qu'on parle de la sorte à mon père, dans sa maison, devant moi!...
Si menaçante était son attitude, que Raymond et le docteur Legris se dressèrent d'un même mouvement.
Mais Me Roberjot était de ces hommes dont rien ne déconcerte l'imperturbable présence d'esprit, et qui d'un coup d'œil discernent tout le parti qu'on peut tirer de l'incident le plus imprévu.
Satisfait plutôt que mécontent de l'intervention de M. Verdale fils:
—Je n'en serais pas à menacer ainsi, monsieur, fit-il froidement, sans vous qui avez su me décider à me dessaisir d'une lettre qui faisait ma sécurité et celle de mes amis...
Troublé par ces seuls mots, le pauvre garçon baissa la tête.
—Avez-vous oublié, poursuivit l'impitoyable avocat, ce qui s'est passé chez moi le jour de votre visite? Que m'avez-vous dit? Que vous souhaitiez épouser une jeune fille que vous adoriez, et que votre père vous avait déclaré qu'il ne donnerait pas son consentement tant qu'il ne serait pas rentré en possession de certaine lettre que je m'obstinais à lui refuser. Et sur ce, vous veniez, à moi, me juriez-vous, de votre propre mouvement...
—Et c'était vrai, monsieur...