—Prenez garde, monsieur Verdale, fit-il froidement, prenez garde!...
L'ancien architecte était hors de lui.
—A quoi donc voulez-vous que je prenne garde!... s'écria-t-il. Le temps n'est plus où vos menaces me faisaient trembler. Cette lettre que, pendant dix-huit ans, vous m'avez tenue comme un poignard sur la gorge, elle n'existe plus, je l'ai brûlée...
Me Roberjot s'était levé, craignant peut-être que, dans un accès de rage folle, son ancien copain ne se jetât sur lui.
Accoudé au dossier de son fauteuil:
—Êtes-vous sûr, cher monsieur Verdale, fit-il, que cette lettre fût la seule preuve qui existât contre vous?...
—Parbleu!
—Eh bien! permettez-moi de vous le dire, vous vous trompez.
M. Verdale frissonna, ses yeux vacillèrent. Mais, se remettant aussitôt:
—Fou que je suis, s'écria-t-il en ricanant, de ne pas voir que vous cherchez à m'effrayer.