Et, glissant dans ses poches ses deux revolvers, il se dirigea en toute hâte vers la mairie du Palais-Bourbon, située tout près, rue de Grenelle...
Là aussi, tout était en mouvement... Les garçons couraient le long des escaliers et des corridors, portant des tapis, des fauteuils, des tentures...
—Pourquoi ces préparatifs? lui demanda-t-il.
—Pour une noce... une noce dans le grand genre. C'est un comte qui épouse la fille d'une duchesse...
Et cet honnête garçon disait quel escalier prendrait la noce, quelles pièces elle traverserait, et dans quel salon le mariage serait célébré...
—Je vous remercie, mon ami, dit Raymond.
Et, calme comme un homme qui n'a plus de sacrifice à faire, il se mit à choisir la place la plus favorable à son dessein.
Il ne réfléchissait plus, toutes ses idées étaient comme figées dans son cerveau, et même il souffrait moins, car toutes ses angoisses avaient cessé et il se disait que dans quelques instants tout serait fini.
—Il s'agit de ne pas le manquer, pensait-il, et de ne tirer qu'à bout portant...