—Eh bien! procédons, dit le commissaire au médecin...

Déjà le docteur avait rabattu le drap et mis à nu le torse du général, et tout en procédant, selon l'expression du commissaire, il dictait...

«....Sur le côté droit de la poitrine, au-dessous de l'aisselle et même un peu en arrière, à douze centimètres du mamelon, se trouve une blessure semilunaire, longue de quatre centimètres et large de trois, avec des bords très nets, secs et non ecchymosés, ayant pénétré très profondément, et allant de haut en bas.....»

Il constatait ensuite que le corps du défunt ne présentait aucune trace de violence... puis il décrivait diverses cicatrices déjà anciennes, dont une très considérable au bras droit.

Sa conclusion était qu'il ne découvrait rien qui empêchât d'admettre un duel loyal... Que si pourtant la mort était le résultat d'un crime, ce crime avait été commis sans lutte préalable, par une personne placée près du général et dont il ne se défiait pas. C'est tout ce que put supporter l'honnête Krauss.

—Eh! monsieur, s'écria-t-il, la preuve du crime est toute dans cette circonstance que mon général a reçu sa blessure du côté droit... Vous devez bien voir qu'il ne pouvait pas tenir une épée au bras droit...

Le docteur hocha la tête.

—Cette question n'est pas de mon ressort, répondit-il... Je ne puis, moi, constater que ce que je vois... Le défunt a une large cicatrice au bras droit, je la signale... Maintenant, se servait-il difficilement de ce bras, était-il même incapable de s'en servir, c'est ce que je ne puis déterminer d'une façon absolue...

Plus décisif, jusqu'à un certain point, fut l'examen de l'épée du général...

Elle était neuve, ainsi que l'avait dit Krauss, et les arêtes en étaient si vives, que le moindre choc les eût ébréchées. Or, il ne s'y voyait aucune brèche. Donc elle n'avait reçu aucun de ces chocs qui résultent d'un engagement.