—Hélas! répondit M. Ducoudray, c'est ce que n'a pas voulu ou pu me dire cet homme que j'interrogeais... Et cependant je menaçais, et cependant je disais que ce vainqueur d'un duel sans témoins est un assassin... A cela, il a répondu que le duel avait eu un témoin.
—Lequel?
—L'homme des écuries qui a tenu la lanterne... C'est cet homme qu'il faut retrouver... Il sait la vérité, lui...
Écrasée sous le sentiment de son impuissance, Mme Delorge se taisait. Veuve, sans amis, sans appui, abandonnée par le commissaire de police qui traitait ses soupçons de chimères, que pouvait-elle?
—A votre place, madame, reprit M. Ducoudray, je m'adresserais à quelqu'un des amis du général... Il devait en avoir dans de hautes situations... et si je les connaissais...
—Attendez!... fit Mme Delorge.
Et s'étant élancée dehors, elle ne tarda pas à reparaître avec le petit agenda où le général inscrivait l'adresse des personnes de ses relations...
—Écoutez, dit-elle...
Et elle lut: le comte de Commarin, rue de l'Université; le duc de Champdoce, rue de Varennes; le général Changarnier, rue du Faubourg-Saint-Honoré; le général Lamoricière, rue Las-Cases; le général Bedeau, rue de l'Université...
—C'est assez, dit M. Ducoudray. Qu'un seul des généraux que vous venez de nommer consente à prendre en main votre cause, et si un crime a été commis, comme je le crois, le général Delorge sera vengé!...