—C'est bien!... interrompit-elle.
Et toujours de ce même pas d'automate qui épouvantait tant l'honnête Krauss, l'œil fixe et sec, elle gravit l'escalier...
Le cercueil du général était au milieu de la chambre, posé sur deux tréteaux et recouvert d'une draperie noire avec une grande croix blanche. Auprès, étaient les deux prêtres qui avaient veillé le corps, et M. Ducoudray.
—Que tout le monde se retire, commanda Mme Delorge d'un accent qui ne souffrait pas de réplique, et qu'on m'amène mon fils...
On obéit, et elle demeura seule, debout, devant ce cercueil où en même temps que la dépouille mortelle de son mari on avait scellé sa vie à elle, son bonheur et toutes ses espérances...
Elle se maudissait de ne s'être pas trouvée là pour ensevelir de ses mains l'homme qu'elle avait tant aimé, et elle frissonnait d'un désir immense, impérieux, irrésistible, de le voir une fois encore, la dernière.
Certainement elle allait donner l'ordre de déclouer la bière, quand elle se sentit tirer par sa robe.
C'était son fils, c'était Raymond, qui venait d'entrer, et qui blême, le visage décomposé, la poitrine gonflée de sanglots, lui disait:
—Mère, c'est moi. Tu m'as appelé, que me veux-tu? Je t'en prie, parle-moi!...
Elle lui prit la main, et l'attirant près du cercueil: