—Puisqu'il en est ainsi, dit-elle, donnez-moi ce qu'il me faut pour m'habiller.

—Quoi! madame veut se lever, malade comme elle l'est?...

—Je ne suis pas malade... Faites ce que je vous dis. Il faut que je remercie M. Ducoudray, et lui-même doit souhaiter me parler.

Elle ne se trompait pas, et c'était avec la plus vive impatience qu'en ce moment même le digne bourgeois attendait son réveil.

Il avait appris enfin les événements de la matinée, les mesures du coup d'État, et se demandait, non sans anxiété, quel avait pu être le résultat des recherches de Mme Delorge.

Cela le préoccupait si fort, qu'au lieu de courir à Paris, pour s'informer, pour voir, comme ç'avait été sa première inspiration, il était revenu, aussitôt l'enterrement, à la villa de la rue Sainte-Claire.

Cependant, la soirée s'avançait et il songeait à se retirer, lorsque Mme Delorge parut...

Il se dressa, mais les paroles expirèrent sur ses lèvres à la vue de la malheureuse femme.

Ses cheveux n'avaient pas blanchi en une nuit, comme il arrive fréquemment dans les romans, mais en vingt heures, elle avait vieilli de vingt années.

Élisabeth Delorge, la belle, l'adorée, l'heureuse épouse, n'était plus.