Il fut interrompu par l'entrée brusque de Krauss, lequel arrivait, un papier à la main, criant:

—Ah! monsieur, si vous saviez!...

Mais il demeura béant en apercevant Mme Delorge, qu'il croyait encore couchée, et durant dix secondes il parut se demander s'il devait se taire ou parler.

Enfin, s'arrêtant à ce dernier parti:

—Je crains bien, reprit-il, que Marie, la cuisinière, n'ait fait une grosse sottise. Ce tantôt, pendant... l'enterrement, un homme s'est présenté, un homme qui voulait absolument parler à madame, pour une affaire très importante, à ce qu'il assurait, et qui concernait mon pauvre défunt maître... Madame dormait à ce moment, la cuisinière était seule à la maison, elle répondit qu'il n'y avait personne... L'homme parut désolé, et dit qu'il repasserait... Puis, se ravisant, il demanda du papier et un crayon et écrivit ceci...

Le papier que lui présentait Krauss, Mme Delorge le prit, le lut d'un coup d'œil, et le passa à M. Ducoudray, en disant:

—Vous demandiez des témoins, monsieur, que pensez-vous de celui-ci?...

Sur ce papier il y avait écrit, d'une mauvaise écriture:

«Laurent Cornevin, employé aux écuries de l'Élysée, à son domicile à Montmartre, rue Mercadet.»

Le digne M. Ducoudray avait bondi sur son fauteuil.