—C'est lui, s'écria-t-il, c'est certainement ce garçon d'écurie qui éclairait, m'a-t-on dit, le général et son adversaire. Cet homme sait la vérité, lui!... Quel malheur que je n'aie pas été là quand il est venu!... Pourquoi ne m'a-t-on pas remis cette adresse aussitôt mon retour?...
Le brave Krauss était désolé.
—Hélas! fit-il, elle n'y attachait aucune importance, la pauvre fille, et c'est bien par hasard qu'elle m'en a parlé. Elle comptait le remettre demain à madame.
Déjà le bonhomme Ducoudray avait pris une grande résolution.
—C'est un malheur aisément réparable, s'écria-t-il. Demain, avant huit heures, je serai rue Mercadet, et je verrai ce Cornevin. Il y aura peut-être quelque chose demain, mais je suis bourgeois de Paris, et une révolution ne me fait pas peur!...
A ce grand empressement du digne M. Ducoudray, il était certains mobiles dont il se gardait de souffler mot, mais qui diminuaient quelque peu son mérite.
Il avait fort réfléchi, depuis la veille.
Considérant la situation de Mme Delorge et la sienne, il s'était demandé pourquoi un bel et bon mariage ne réunirait pas, dans un avenir plus ou moins rapproché, selon les circonstances, leur double veuvage?
[Illustration: Sur le côté une blessure qui avait amené la mort.]
Pour sa part, il ne discernait aucun obstacle sérieux à ce projet flatteur.