—Vive la Constitution! A bas Soulouque!...
Sur la chaussée, les pelotons de cavalerie se succédaient.
La foule s'ouvrait pour laisser passer les chevaux, et se reformait derrière eux aux cris de:
—Vive la République! Vive l'armée!...
La fièvre commençait à gagner M. Ducoudray... Il n'avait plus peur; le bourgeois des glorieuses journées de Juillet se réveillait en lui. Il oubliait Passy, Mme Delorge, son ami le général et M. de Combelaine.
—Il faut que je voie la fin de tout ceci! se dit-il.
Et il entra pour déjeuner dans un café du boulevard des Italiens.
Là, les nouvelles affluaient; vraies ou fausses, absurdes parfois, mais toutes et toujours favorables à la résistance.
On affirmait que les meneurs du coup d'État commençaient à perdre la tête... que M. de Maupas tremblait de peur à la préfecture de police... que le général Magnan hésitait... que Lamoricière venait de s'évader et de se mettre à la tête de quatre régiments...
On assurait que dans les cours de l'Élysée, quatre voitures de poste venaient d'être attelées pour emporter bien vite et bien loin le président et ses complices... et quelques millions, ajoutaient les bien informés...