Si la colère faisait place au mépris, c'était lorsqu'on voyait approcher quelque peloton de fantassins ou passer un officier d'ordonnance.
Alors on criait:
—A bas les traîtres!... A bas les prétoriens!... Pas de dictateur!...
L'excellent M. Ducoudray jubilait.
—Eh! eh!... disait-il à ses voisins, ces messieurs du coup d'État doivent être dans leurs petits souliers.
Tout à fait rassuré désormais, le digne rentier arrivait à la rue de Richelieu, quand soudainement il vit se former un gros rassemblement d'où s'élevaient des clameurs menaçantes.
Il approcha.
Un officier d'ordonnance de la garde nationale, qui arrivait au galop du bas de la rue de Richelieu, avait voulu tourner bride en face du café Cardinal, et s'y était si mal pris qu'il était tombé avec son cheval.
La foule l'avait entouré, et menaçait presque de lui faire un mauvais parti, lorsque plusieurs jeunes gens accoururent, qui le dégagèrent et le firent entrer dans la cour de la maison Frascati.
—Cela se gâterait-il donc? pensa M. Ducoudray. Ce serait vraiment dommage.