Heureusement il n'était plus qu'à deux pas de la maison où il comptait trouver une fenêtre.
Il traversa lestement la chaussée, et l'instant d'après il sonnait à la porte de son ami.
C'était un ancien marchand de draps, rentier comme lui, et qui l'accueillit d'autant mieux qu'il était fort inquiet de la tournure des événements.
L'optimisme de M. Ducoudray lui parut on ne peut plus déplacé.
—Je crois, comme vous, lui disait-il, que les gens du coup d'État reculeraient s'ils le pouvaient... Mais ils ne le peuvent pas. Leurs vaisseaux sont brûlés. C'est un coup de Bourse encore plus qu'un coup d'État qu'ils tentent. Depuis le président jusqu'à M. de Combelaine et au vicomte de Maumussy, tous sont plus ou moins ruinés et endettés... Que voulez-vous qu'ils deviennent s'ils reculent?...
Une détonation, si violente que les vitres en vibrèrent, l'interrompit.
M. Ducoudray devint tout pâle.
—Mon Dieu! balbutia-t-il, on dirait presque un coup de canon...
—C'est bien un coup de canon, déclara l'ancien marchand de draps, et je l'attendais, par la raison que tout près d'ici, sur le boulevard, presque en face du Gymnase, on a construit une barricade très forte.
Mais une seconde détonation retentissait. Ils se précipitèrent à la fenêtre...