Il était temps... Une grêle de balles s'abattait contre la fenêtre, défonçant les jalousies, faisant voler les vitres en éclats, et brisant dans l'appartement une glace et une pendule...
Et au-dessus des détonations de l'artillerie et du crépitement de la fusillade, les voix furieuses des soldats s'élevaient, criant:
—Fermez les fenêtres!... fermez partout!...
Ainsi, durant dix minutes, se déchaîna un effroyable ouragan de fer, et de feu...
Puis le silence suivit, profond, solennel, sinistre, coupé de moments en moments par un feu de peloton ou par des hurlements terribles.
Puis plus rien.
Glacés d'une indicible horreur, M. Ducoudray et son ami se hasardèrent à ramper jusqu'à la fenêtre et à regarder.
Il n'y avait plus sur le boulevard que des soldats, appuyés sur leurs fusils fumants, quelques-uns hébétés de stupeur, d'autres interrogeant toutes les fenêtres d'un regard inquiet et furieux.
Beaucoup d'officiers paraissaient désespérés.
Sur la chaussée, une cinquantaine de cadavres gisaient... plusieurs femmes, deux ou trois enfants.