Il parut se recueillir, et lentement:

—Tout d'abord, madame, reprit-il, je vous déclare que je reconnais maintenant absolument fausses les diverses versions qui ont couru de la mort de votre mari. On a commencé par dire qu'il s'était suicidé...

—Lui!... Et pourquoi? grand Dieu!

—Ah! voilà! On prétendait qu'il avait pris des engagements très compromettants de divers côtés, qu'il avait écrit certaines lettres... très imprudentes; qu'il jouait un jeu double en un mot, et que, menacé d'être démasqué publiquement, il avait perdu la tête et s'était passé son épée au travers du corps...

Mme Delorge s'était levée.

—Mais c'est une infâme calomnie! s'écria-t-elle. Quel misérable a pu inventer et répandre une telle infamie?

—Eh! madame, sait-on jamais l'auteur des mille calomnies qui chaque jour circulent dans Paris!

—Quelles sont les autres versions, monsieur?...

—D'après une autre, le général Delorge aurait succombé dans un duel, dont le motif était... une question d'argent. Une forte somme avait, disait-on, disparu du cabinet du président de la République.

Deux larmes de douleur et de colère jaillirent des yeux de Mme Delorge.