—Assez! monsieur, interrompit-elle, assez!... je ne saurais en entendre davantage. D'où partent ces bruits? je le devine maintenant. Assassiner mon mari ne suffit pas, on veut déshonorer sa mémoire. Mais elle ne le sera pas, j'écrirai aux journaux...

[Illustration:—C'est lui! s'écria-t-elle... C'est lui!]

Me Sosthènes Roberjot hochait la tête.

—Hélas! madame, fit-il, je doute que vous trouviez un journal qui consente à insérer votre lettre.

Cependant, sur les instances de la pauvre femme, il consentit à la conduire près d'un journaliste qui faisait profession de haïr d'une haine implacable tous les nouveaux gouvernements.

C'est avec des imprécations terribles qu'il écouta le récit de Mme Delorge; mais quand elle eut fini, il lui avoua que les journaux étaient, sous peine de mort, condamnés au silence, qu'une allusion à cette affaire compromettrait l'existence de son journal... Or il était propriétaire, s'il était homme d'opposition; il avait des opinions, mais il avait aussi des actionnaires.

Bref, il ne pouvait rien.

—Voilà donc les hommes! se disait Mme Delorge en regagnant Passy...

Et cependant, le lendemain, sa plainte fut déposée au parquet.

X