Telles étaient ses pensées, lorsqu'elle entra dans le cabinet du juge d'instruction.

La pièce était petite et triste. Un méchant tapis recouvrait le carreau. En face de la porte était un bureau d'acajou, et à droite une étroite table où écrivait le greffier.

Près de la cheminée, un homme se tenait debout, le juge, M. Barban d'Avranchel...

Comment M{me} Delorge ne l'eût-elle pas reconnu, après le portrait qui lui en avait été tracé par M. Ducoudray et par Me Roberjot?

Il s'inclina tout d'une pièce, et montrant un fauteuil à Mme Delorge et une chaise à Raymond, il tint rivés sur eux, pendant plus d'une minute, ses yeux mornes et sans expression.

Enfin:

—Vous êtes Mme veuve Delorge, née de Lespéran? demanda-t-il à la pauvre femme.

—Oui, monsieur.

—Veuillez me dire vos noms de fille et de femme, vos prénoms, votre âge, la date et le lieu de votre mariage, combien vous avez d'enfants, et la date de leur naissance.

Puis se retournant vers son greffier: