Elle avait à pourvoir à l'éducation de son fils et de Léon Cornevin, éducation qu'elle voulait aussi complète que possible, et dont les frais, déjà importants, devaient aller en augmentant chaque année.
Sa fille Pauline ne lui coûtait rien encore, mais trois ans ne s'écouleraient pas sans qu'il devînt indispensable de lui donner des maîtres.
Krauss encore était à sa charge. Parler de séparation à ce serviteur si fidèle et si absolument dévoué, c'eût été le frapper au cœur. Déjà il avait donné à entendre qu'il n'accepterait plus de gages, et qu'au besoin il irait travailler dehors, pour augmenter, du prix, de son travail, les revenus de la maison.
Enfin, Mme Delorge avait à faire entrer en ligne de compte son entretien à elle, qui, si modeste qu'elle le supposât, coûterait toujours quelque chose.
Et qu'avait-elle, pour faire face à tant d'obligations?
Onze mille livres de rentes, pensait-elle.
Mais elle s'abusait.
M. Ducoudray, avec sa vieille habitude des affaires et des chiffres, ne tarda pas à reconnaître et à lui démontrer qu'elle s'exposerait à de cruels mécomptes, si elle basait sa dépense sur un revenu moyen de plus de neuf mille francs.
Il se pouvait qu'elle eût des années meilleures, mais le mieux était de n'y pas songer.
[Illustration:—Ah! le misérable! murmurait-il, je suis ruiné.]