Son premier mouvement, à cette réponse, fut de prendre bravement le siège qu'on ne lui offrait pas, cela fut manifeste.

Pourtant, il n'osa pas, soit respect, soit plutôt qu'il craignit quelque mot terrible qui le forcerait de se retirer.

Il resta donc debout et toujours impassible.

—Vous me traitez en ennemi, madame, poursuivit-il, et si je m'en afflige, je n'en suis pas surpris. Je sais la profondeur du coup qui vous a frappée, moi qui savais toute la valeur de Delorge, sa haute intelligence et la noblesse de son cœur...

—Et c'est pour cela que vous l'avez fait assassiner?...

Le vicomte ne sourcilla pas.

—Vous vous trompez, madame, prononça-t-il, le général a succombé en duel après un combat loyal...

—Personne plus que vous, monsieur, n'a intérêt à le soutenir.

M. de Maumussy hocha la tête.

—A vous, madame, dit-il, j'avouerai, quitte à le nier ensuite, que les explications qui ont été données étaient fausses... mais nécessaires. La raison d'État prime tout. Delorge a été victime d'un malentendu. Si j'eusse été le maître des événements, pas un cheveu ne serait tombé de sa tête. Mais la fatalité était sur lui. Tout ce qu'il m'était permis de faire, je l'avais fait. Il était prévenu. Il savait qu'un coup de balai allait être donné, il ne tenait qu'à lui de se mettre du côté du manche...