C'est avec une impatience manifeste, l'impatience de l'homme qui ne veut pas reconnaître ses torts, que Léon écoutait.

—En tout ceci, fit-il, je ne vois pas quelle influence peut avoir notre démarche sur les déterminations de M. de Combelaine.

L'avocat sourit.

—Oh! l'entêté!... s'écria-t-il.

Puis très vite:

—Résumons-nous, poursuivit-il. M. de Combelaine est au bout de son rouleau; une dot le sauverait, mais il ne faut pas se marier à son gré et il ne veut pas épouser Mme Flora Misri. Que va-t-il faire? A quel expédient va-t-il recourir? Le temps presse, il ne peut plus attendre, il va peut-être se lancer dans quelque aventure périlleuse... Et c'est alors que vous vous chargez de lui rappeler le danger. C'est alors que vous lui criez en quelque sorte: «Prends garde, tes ennemis veillent... Que la main qui t'a protégé contre leur juste colère se retire, et tu es perdu!»

Léon était obstiné, mais non cependant au point de nier l'évidence.

—Excusez-moi, monsieur, dit-il à Me Roberjot, je n'avais pas vu si loin... Nous avons été plus fous encore que je ne le supposais... Mais maintenant, que faire? Car c'est là ce que nous venions vous demander...

Ayant fini de déjeuner, Me Roberjot se leva.

—Si j'étais libre, dit-il, je vous accompagnerais, mais je suis attendu, je dois prendre la parole aujourd'hui... Seulement, après-demain, j'irai chez vous pour recevoir l'envoyé de M. de Combelaine. Tâchez, d'ici-là, de faire entendre raison à Raymond...