—Ah! M. de Combelaine veut déposer une plainte! s'écria-t-il. Eh bien! ce soir même, à l'Opéra, je lui en fournirai l'occasion...
Jean et Léon croyaient que Me Roberjot allait répondre et vertement. Point.
Il alla tranquillement ouvrir une porte et Mme Delorge parut.
—Ma mère!... balbutia Raymond décontenancé.
Mme Delorge s'avança.
—Oui, votre mère, dit-elle, à qui un ami est venu apprendre votre folie. Malheureux!... Vous ne comprenez donc pas que vous battre avec M. de Combelaine ce serait proclamer son innocence!... Se bat-on avec un lâche assassin?... Croiser le fer avec lui, c'eût été renoncer au droit d'en obtenir justice... Et il faut pourtant que justice nous soit rendue, Raymond, il faut que votre père soit vengé.
III
En se ménageant d'avance, et sans prévenir personne, l'intervention de Mme Delorge, Me Roberjot venait de prouver qu'il connaissait bien le caractère de Raymond.
Seul, il n'en eût rien obtenu. La passion est aveugle et sourde.
Il eût perdu son temps, son éloquence et ses peines à essayer de détourner Raymond d'un dessein longuement médité, qu'il ne jugeait peut-être pas excellent, mais qu'il estimait le seul praticable.