Le reste de sa phrase expira dans son gosier, et une pâleur soudaine envahit son visage prospère...

Il venait d'apercevoir Me Roberjot debout, dans l'embrasure de la fenêtre.

—Toi ici, balbutia-t-il, toi!...

—Moi-même, cher monsieur Verdale, répondit l'avocat avec une ironique courtoisie... Je suis l'ami,—l'ami intime, vous m'entendez,—de M. Raymond Delorge, et je suis venu savoir ce qu'ont décidé les conseillers de M. de Combelaine.

Raymond, Jean et Léon étaient confondus.

Quelles étaient les relations de ces deux hommes? Ils l'ignoraient. Mais ils ne pouvaient pas ne pas voir qu'il y avait entre eux un secret, qui faisait de l'un l'esclave soumis et tremblant de l'autre...

A l'air suffisant de M. Verdale, succédait la plus humble attitude.

—Nous avons décidé, répondit-il, non sans hésitation, que M. de Combelaine ne doit pas accepter la rencontre qui lui a été proposée... Nous espérons que M. Raymond Delorge reconnaîtra, comme nous, que ce duel est impossible. Si cependant il mettait à exécution certaines menaces, notre client, sur notre conseil, déposerait une plainte...

—C'est bien! fit sèchement Me Roberjot... Nous aviserons...

Mais M. Verdale s'était à peine retiré, ou plutôt enfui, que la colère de Raymond éclata.