—A quoi donc pensait la police! se disaient les Parisiens.
Et ils n'avaient pas tort de s'étonner.
Un ancien chef de la sûreté, Canler, ayant publié ses Mémoires, l'année suivante, y accusait très nettement la police d'incapacité, de négligence et peut-être de quelque chose de pis.
C'est donc sans la moindre surprise qu'on apprit que le préfet de police donnait sa démission.
—C'est bien le moins qu'il puisse faire, pensait-on.
Mais on commença à s'inquiéter sérieusement, lorsqu'on vit arriver au ministère de l'intérieur, en remplacement de M. Billault, un militaire dont la réputation de dureté et de brutalité était proverbiale, le général Espinasse, l'homme qui, au 2 Décembre, avait occupé le palais de l'Assemblée nationale.
«Ce ministre de l'intérieur avec un sabre au côté ne me dit rien qui vaille», écrivit un journal qui pour cette simple appréciation fut supprimé net.
[Illustration:—Monsieur le comte attend ces messieurs.]
Et cependant il avait raison, ce journal, car à peu de jours de là était votée la loi de sûreté générale, qui armait le gouvernement de pouvoirs discrétionnaires.
Certaines gens, plus impérialistes que l'empereur, ne se gênaient pas pour afficher leur satisfaction de voir «se resserrer la courroie qui, prétendaient-ils, commençait à se relâcher».