—Ah! que ne m'avez-vous laissé tuer cette bête venimeuse de Combelaine! s'écria-t-il.
Pourtant ce n'était rien encore.
Trois mois ne s'étaient pas encore écoulés depuis la démission de Léon, lorsque Paris fut épouvanté par l'attentat de la rue Le Peletier.
Un Italien, Felice Orsini, suivi de deux complices, était allé se poster devant l'Opéra, et avait essayé de tuer l'empereur en lançant sous sa voiture des bombes explosibles. L'empereur avait été préservé, mais quarante-sept personnes avaient été tuées ou blessées plus ou moins grièvement.
Ce qui paraissait étrange, c'est que la police n'eût pas su prévenir cet attentat du 14 janvier.
Elle était prévenue, cependant.
Avis lui avait été donné de la fabrication à Londres d'un certain nombre de bombes explosibles d'un système nouveau et excessivement meurtrières.
Avis lui avait été donné du départ pour la France d'Orsini et de Pieri.
Et pourtant Orsini, Pieri et leurs complices ne furent aucunement recherchés et séjournèrent à Paris près d'un mois, sans presque prendre la peine de se cacher.
Et pourtant, quelques heures seulement avant l'attentat, un des complices, Pieri, avait été arrêté rue Le Peletier, et trouvé nanti d'une bombe, d'un poignard et d'un revolver.